RDC : « Nous avons un objectif commun, le départ de Kabila »

Gloria Sengha Panda Shala est une des membres les plus visibles du mouvement citoyen Lucha. Une voix qui a toujours osé dire tout haut ce que beaucoup taisaient. En ce mois d’août 2017, elle est venue à Paris pour signer le Manifeste du citoyen congolais. Un manifeste qui vise à fédérer toutes les composantes de la société conglaise qui appellent au respect de la Constitution et de l’accord de la Saint-Sylvestre et donc au départ de Joseph Kabila au plus tard le 31 décembre 2017.

Interview

Pensez-vous que le manifeste citoyen va réellement permettre de fédérer l’opposition contre Joseph Kabila ?

Oui. Je le pense sincèrement. La plupart des mouvements ont participé à la rédaction de ce manifeste. Ce n’est pas un texte qu’on nous a imposé, c’est vraiment le fruit de notre réflexion. C’est aussi un texte qui est né de nos erreurs du passé.

Quelles erreurs ?

L’année dernière, quand nous avons lancé la campagne Bye Bye Kabila, nous n’avions pas travaillé sur ce que devait être la transition post-Kabila. Cette fois-ci, nous avons une stratégie qui est clairement établie pour cette transition.

Une transition qui doit être menée par la société civile ? 

Tout à fait. Le texte du manifeste est très clair. Ceux qui participeront à la transiton ne pourront pas se présenter ensuite aux élections. Il faut éviter que cette transition serve à aiguiser les appétits. Il faut remettre l’intérêt de la popultaion au centre de cette gouvernance.

Cela veut dire que vous rejetez les partis politiques ? 

Non, tout le monde peut adhérer au manifeste. Ce serait même positif que les principaux leaders de l’opposition politique se joignent à notre mouvement. Aujourd’hui, nous avons un objectif commun le départ de Joseph de Kabila. Pour y parvenir nous devons tous mettre de côté nos problèmes d’ego.

Comment comptez-vous vous y prendre pour le pousser vers la sortie ? 

Nous sommes en train d’élaborer une stratégie mais on va éviter de trop en parler.

Cette année, la plupart des actions contre le régime ont été des échecs. Qu’est-ce qui doit vous permettre de changer la donne ?

D’abord le fait que nous puissions tous travailler ensemble. Il faut éviter de partir chacun dans son coin. Ensuite, il faut cesser d’être naïf. Jusqu’ici, nous avons toujours annoncé nos opérations, le lieu et l’heure. Il était facile pour les autorités de nous contenir. Demain, ce sera fini. On va commencer dans un bon mois. On va surprendre.

Si vous annonciez vos opérations, c’est aussi parce que vous vouliez rester dans la légalité…

Aujourd’hui, on ne cherche pas à être dans l’illégalité mais le pouvoir qui est en face de nous est complètement illégal et illégitime. Vous ne pouvez pas nous demander de respecter les règles édictées par un dictateur. Kabila est un dictateur. Il est illégitime. il est dans l’illégalité la plus complète. Nous voulons un mouvement pacifiste, le plus inclusif possible et qui fasse bouger les lignes dans tout le pays. Aucun dictateur ne peut résister longtemps face à un peuple uni et déterminé. Notre cause est juste.